Mohamed Ezzine
Comme frappé par un mutisme omineux, les gestionnaires de la comptabilité de la commune d’Azrou, version dépenses, focalisent depuis plus d’une semaine les attentions et suscitent une kyrielle de questions après que de folles rumeurs meublent les discussions de l’opinion locale sur des soupçons d’irrégularités qui auraient entachées la gestion du cash flow en millions déposés au coffre-fort du service au parc municipal, sis rue Hansali.
Que s’est-il passé? C’est encore en partie flou.
Au cœur de ses interrogations, la gestion du paiement des salaires de la main d’œuvre ouvrière par voie de régie.
Alors que tout le monde s’attendait à être payé ce mercredi 2 avril courant, dont le directeur des services de la Commune, contactés à ce sujet “pour voir plus clair”, sic, et alors que le comptable de la commune est attendu au tournant notamment concernant les documents que ce dernier devrait présenter à la perception d’Azrou pour justifier les paiements antécédents (procédure normale en vigueur), et, in fine, couper court à toutes les insinuations, rien n’est fait à l’écriture de ces lignes. En face, les soupçons gonflent et se répandent comme une traînée de poudre. Et les interrogations fusent : combien d’argent liquide reste-t-il dans le coffre-fort ? Combien d’impayés ? La feuille d’attachement des ouvriers est-elle fidèle aux exigences légales et conforme au programme d’emploi ? Le percepteur d’Azrou à qui revient la responsabilité du visa et du contrôle en la matière a t-il pris les mesures qui s’imposent ? Autant de questions dont les réponses devraient permettre de lever le voile sur la comptabilité de ce dossier nébuleux. En effet , d’après les informations dont nous disposons, seules deux quinzaines ont été régularisées, seconde quinzaine du mois de février et la première du mois de de mars de l’année courante. Le nombre d’ouvriers varie entre 62 et 64 selon la quinzaine, pour 11 jours de travail effectifs à 83 dh la journée. Or, il se trouve que les ouvriers ont travaillé depuis le début de janvier, soit plus de trois quinzaines non encore payées plongeant ainsi ces ouvriers précaires dans le désarroi et qui ne voient toujours pas la couleur du paiement tant promis.
Rappelons que le conseil de la Commune d’Azrou a approuvé l’ouverture d’une ligne budgétaire de l’ordre de 160 millions de centimes pour les ouvriers occasionnels. Une somme conséquente si utilisée à bon escient.
Notons au passage que les services centraux du ministère de l’Intérieur mènent depuis des mois un audit approfondi sur l’attribution de rémunérations à des travailleurs temporaires « fantômes » au sein de plusieurs collectivités territoriales, et leurs rapports révèlent des informations précises sur l’exercice, par ces employés occasionnels, d’autres activités professionnelles et commerciales et malgré cela, ils continuent de percevoir des indemnités mensuelles en contrepartie d’heures de travail fictives. Les limiers du département de Abdelouafi Laftit ont relevé également une hausse préoccupante du recours aux travailleurs occasionnels qui a conduit ce dernier a adressé récemment une circulaire aux gouverneurs des provinces, les exhortant à rappeler aux présidents des collectivités l’obligation d’appliquer sans délai les dispositions de la circulaire de 2009 relative aux travailleurs occasionnels. Qu’en est-il alors au niveau de la province d’Ifrane ?
Quoi qu’il en soit, à ce stade de l’enquête, et en attendant une réaction et une communication plus précise de la Commune d’Azrou, il importe d’agir vite et d’assurer que le dossier relatif aux travailleurs occasionnels ne tombe pas dans de mauvaises mains. CQFD.
Affaire à suivre.
Mohamed EZZINE